Se défendre de l'indéfendable — Les Points Sur Les I De Clément Viktorovitch

youtube.com/watch?v=D5yoMegoyo

Ok, une fois pour toutes, cet argument de séparer l'art de l'artiste me rend dingue. Pas parce qu'il est perrave, mais parce qu'en soit, il est sans objet.

Pour avoir un artiste, il faut un art. Et moi, j'aimerais bien qu'on m'explique sur quelle base on considère qu'une activité est un art et qu'une autre n'en est pas.

2/ N'essayez pas de répondre à la question. Depuis 2500, les philosophes s'y cassent les dent.

En fait de séparer l'art de l'artiste, il est surtout question de trouver des excuses à des hommes que l'on se plaît à imaginer des génies hors du temps ; qui apportent tellement à la société que l'on peut bien leur pardonner des écarts de conduite.

Ça porte un nom : le culte de la personnalité. Et ce n'est vraiment pas comme, ça, justement, que l'on sépare l'art de l'artiste.

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3/ Car comme Blanche Gardin le dit mieux que moi : « on dit pas par exemple d'un boulanger "oui, d'accord, il viole un peu des gosses dans le fournil, mais bon, il fait des baguettes extraordinaires…" » : youtube.com/watch?v=fxdROcLj0W

@AugierLe42e

Si tu ne sépare pas l'homme de l'artiste, alors tu ne lis plus Kessel, de St Exupéry, Camus, Sarte, Kessel, Céline. Tu n'écoutes plus Ferrat et tant d'autres.

Faire cette coupure n'ôte, bien évidemment, rien à la responsabilité pénale ou, a minima, morale d'un artiste qui se fourvoie.

Bon, soyons francs, les auteurs que je cite ont, à des degrés divers, défendu le communisme soviétique. C'est moins grave que de se mal comporter sexuellement.

@levoileux1 Ah mais moi, ça ne me dérangerais pas qu'on ne lise plus Céline. J'ai trouvé que Voyage au bout de la nuit était un torchon raciste. Et je suis désolé, mais entre défendre le communisme soviétique à une époque où on savait pas trop ce qui s'y passait et violer des enfants et le raconter ouvertement pour l'art en soi, y'a, heu… Un océan de galaxies.

@AugierLe42e
"Voyage au bout de la nuit" n'est pas raciste, loin s'en faut. Il raconte l'histoire dun homme totalement désespéré qui vit dans la lourde pauvreté du début du XXe. Le langage est cru, les propos sont violents mais ils décrivent cette vie qui descend au bout de la nuit.
La nuance que tu apportes entre louer un soviétisme mal compris et la pédophilie est exacte.

@levoileux1 C'est le souvenir que j'en ai, perso. Après, ma lecture de ce livre remonte à bien plus de 10 ans 🤔

@AugierLe42e
Ajoutons que Céline est aujourd'hui frappé du sceau de l'infamie. C'est sans doute normal, après les pamphlet relus avec notre culture d'aujourd'hui.

@levoileux1 Personnellement, je fais partie des personnes qui considèrent que ce n'est pas plus mal. Des grandes œuvres, il y en a d'autres, il y en aura d'autres et il y en aurait eu d'autres. Je ne suis pas contre remplacer Céline par des auteurs noirs ou par des femmes. J'aurais adoré lire Franz Fanon, Sarojini Naidu ou encore Anton Wilhelm Amo à cette époque, par exemple.

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